La politique du logement, véritable pierre angulaire d’une commune bien équilibrée

Peu de sujets sont plus délicats et plus complexes à aborder que la politique du logement. Au premier abord, elle pourrait ne présenter qu’un intérêt tout à fait relatif mais il suffit d’y regarder d'un peu plus près pour constater que celle-ci englobe toutes les problématiques les plus sensibles de notre époque : immigration, pauvreté, droit au logement et j’en passe.

Comme vous avez pu le remarquer, je n’ai pas pour habitude d’aborder des sujets éminemment épineux sur le plan politique sur ce site mais plutôt de l’utiliser comme relais pour vous informer de nos actions sur notre commune. Je vais prendre le risque d’y faire une exception.

La politique du logement décidée et mise en œuvre par nos autorités, à quelque niveau de pouvoir que ce soit, répond à une question simple : quelle société voulons-nous pour demain, pour les générations qui suivront ?

Je me dois d’emblée de clarifier que ma réflexion n’a pas pour objectif de stigmatiser qui que ce soit ou de porter un message que certain(e) pourrait qualifier de populiste dans le seul but de botter en touche mais d’au contraire alimenter une réflexion que j’estime cruciale pour garantir un avenir stable et durable à nos communes.

Nous le savons, l’état des finances communales à peu près partout en Wallonie et plus particulièrement dans les grandes villes se détériore à une vitesse ahurissante. Grâce aux nombreuses réformes sur le plan budgétaire menées depuis 2 ans au sein de la commune de Limbourg, nous avons la chance d’échapper quelque peu à cette tendance qui se généralise lourdement. Le risque de voir ces grandes villes resserrer et durcir considérablement leur politique en matière d’aide sociale n’est-il pas bel et bien réel ? Ne peut-on pas y voir un certain danger pour les plus petites communes en périphérie ? Ne devons-nous pas nous prémunir d’un éventuel exode vers nos villages qui ne sont, en rien, équipés pour accueillir une population en difficulté ?

Ne nous cachons pas, nous, autorités communales sommes régulièrement amenées à trancher ces questions. Il ne nous est pas permis, comme sur d’autres sujets tout aussi délicats, de renvoyer la balle vers les niveaux de pouvoirs supérieurs même si la tentation pourrait être de le faire comme si le poids de cette responsabilité était trop important à supporter.

Il est vrai que la Région wallonne nous impose d’arriver à un quota bien défini d’habitations dites « sociales ». Elles sont nécessaires, c’est un fait et prétendre le contraire serait une insulte à toutes les personnes qui franchissent le cap de se lancer dans la vie, à toutes les personnes réellement en difficulté ou encore aux personnes se retrouvant seules soit des suites d’un évènement malheureux ou encore tout simplement du fait de leur âge.

Nous devons, il est vrai, au niveau communal assurer la « création » d’un nombre de logements sociaux dicté par la Région . Une fois ce nombre atteint, est-il réellement opportun d’augmenter encore cette offre sur notre territoire ? Peut-on accepter (et c’est encore une compétence que l’on préserve au niveau communal) qu’un privé développe un projet visant à scinder une maison unifamiliale en plusieurs (en de multiples) appartements sans se soucier du lieu, des conditions de transport, des conditions d’offre en terme de biens dits de première nécessité? Doit-on, nous-mêmes, proposer plus de projets que le minimum imposé ?

La rénovation de nos logements est particulièrement importante et vitale pour l'image de nos communes. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, nous avons clairement besoin d'investissements, qu'ils soient publics ou privés. Mais pas à n'importe quelles conditions, à n'importe quel prix.

Tous les frais connexes et ô combien nombreux et conséquents ne présentent-ils pas également un risque important pour nos deniers communaux ?

Et je terminerai par la question peut-être la plus délicate, vos autorités communales ont-elles le droit/le devoir de choisir quelle population elles veulent pour votre commune ?

Il y aura probablement autant de réponses à ces questions qu’il y aura de personne pour y répondre. Mais la question, la vraie, reste la même : quelle société voulons-nous pour demain, pour les générations qui suivront ?

Mon choix est fait !

Jonathan

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Section Limbourg Demain